
Le blaireau est présent sur presque tout le territoire français, mais il est rare de l’observer dans la nature, car il ne sort de son gîte qu’à la tombée de la nuit. De jour, c’est la découverte d’une entrée de terrier abritée sous un arbre ou dans une haie, qui suggère la présence de cet animal discret. Cette vie nocturne et souterraine a valu au blaireau une mauvaise réputation colportée au fil des siècles, qui lui a longtemps causé du tort. Il a été considéré, avec les autres « puants » comme une espèce qu’il fallait détruire à tout prix. Cette vision a heureusement évolué, depuis que les nombreuses observations et recherches menées sur cet animal ont permis de mieux le connaître et de réviser les idées reçues à son sujet.
Pour autant, le voisinage du blaireau avec l’homme n’est pas toujours aisé. Accusé de transmettre la rage, partageant de surcroît son terrier avec le renard, il a fait les frais de campagnes de destructions par le gaz et le poison. On lui reproche de provoquer des dégâts dans les céréales ou d’occasionner une gêne en creusant des galeries. Cependant, l’éradication ou la destruction ne sont plus des réponses acceptables aux problèmes posés par la faune sauvage, d’autant que le blaireau provoque peu de nuisances et que sa situation n’est pas florissante. L’expansion urbaine, les modifications du paysage et les dérangements de toutes sortes ont conduit l’animal à se réfugier dans les derniers habitats préservés, où il n’est toutefois pas à l’abri de la chasse ou de la mortalité routière.
Le blaireau est présent en France dans toutes les régions, à l’exception de la Corse. Il est rare dans les zones fortement urbanisées comme l’Ile de France. On a avancé une estimation nationale de sa population au chiffre de 150 000 individus, mais cette estimation demande à être confirmée par des recensements conduits selon des protocoles scientifiquement fiables.
Dans les années 1990, l’interdiction du gazage des terriers, de l’empoisonnement et du piégeage, en même temps que l’éradication de la rage, ont permis d’enrayer
la diminution des populations de blaireaux. Cependant, de nouvelles menaces pèsent aujourd’hui sur l’espèce. La densité élevée des infrastructures de transport et l’augmentation du trafic, de jour comme de nuit, provoquent une forte mortalité du blaireau. Les modifications du paysage, l’intensification de l’agriculture et le reboisement en résineux ont réduit son habitat et ses possibilités de recolonisation.
Contrairement à la plupart des mustélidés, le blaireau peut s’accoupler tout au long de l’année. Une période d’activité sexuelle plus intense a lieu de mi-Janvier à mi-Mars, et correspond à l’ovulation principale des femelles matures. Deux autres périodes de rut, moins marquées, ont lieu de Mars à Mai et de Juillet à Octobre. L’étalement des accouplements, ainsi que la capacité des femelles à présenter plusieurs œstrus successifs au cours de la gestation, implique que les jeunes d’une même portée peuvent être de géniteurs différents, et avoir été conçus à des périodes différentes. Cependant les naissances ne sont pas étalées tout au long de l’année. En effet, l’œuf fécondé suspend son développement et demeure un à dix mois dans l’utérus. Il ne s’implante dans la muqueuse utérine qu’en hiver, période à laquelle s’enclenche véritablement la gestation qui dure deux mois. Cette particularité du cycle reproducteur, appelée ovo-implantation différée assure la synchronisation des naissances. Le taux de reproduction du blaireau est faible, le blaireau ne prolifère pas.
LE BLAIREAU ET
LA CHASSE
Bien entendu, aux dires des chasseurs, le blaireau « pullule » ! Mais rien de ce qu’ils ont pu écrire à ce sujet n’est validé par un scientifique ou une étude scientifique ou encore un article dans une revue scientifique avec comité de lecture. Ce ne sont donc que des ragots, que des arguments fallacieux pour excuser le processus de « régulation » qu’ils défendent. Comme d’habitude, ils gesticulent, menacent, diabolisent et effraient les populations ignorantes afin de pouvoir « s’amuser » à déterrer, piéger (par « erreur » !) et parfois tirer le blaireau en l’accusant de commettre des dégâts agricoles (environ 10 à 15 € de dégât par exploitation au maximum !), provoquer des écroulements de terrain (danger pour les énormes moissonneuses-batteuses), provoquer des accidents de voiture (dont il est la première victime), risquer de faire dérailler des trains et percer les digues !!!
Le déterrage ou vénerie sous terre est une pratique honteuse et cruelle qui consiste à lancer les chiens sur les terriers pour acculer le blaireau au fond. Le terrier est ensuite défoncé et le blaireau extrait avec des pinces et tué à l’arme blanche. Lorsqu’il est relâché, il est très souvent victime du stress et il meurt dans des délais plus ou moins longs. Les chasseurs trouvent cela très « sportif » et un championnat de déterrage a même été organisé !!! Autant dire que la mauvaise foi est écœurante et que l’on a diabolisé le blaireau pour trouver une nouvelle cible, un nouvel animal à s’amuser à tuer alors qu’on a déjà exterminé tout le reste…
Le blaireau est une espèce GIBIER, dont la chasse à tir est autorisée pendant la période d’ouverture de la chasse et déterrable avec une période complémentaire de vénerie sous terre (sur décision du préfet, du 15 Mai au 14 Septembre, puis du 15 Septembre au 15 Janvier), mais il n’est en aucun cas, « NUISIBLE » ce qui signifie que son piégeage est interdit (mais il est pris « par erreur » et « relâché », or un blaireau pris dans un collet à arrêtoir est absolument irrelâchable, car soit il est mort, soit il est gravement blessé, soit il est fou de douleur et de peur et il est dangereux (risques de morsures très graves).
Il n’y a absolument aucune raison d’exterminer ainsi le blaireau qui est un animal peu prolifique, très discret et qui fait bien moins de dégâts que ceux dont on l’accuse à tort. C’est encore et toujours sur les dires tendancieux des chasseurs que se décide la vie ou la mort d’une espèce. Le blaireau fait partie de la biodiversité animale, il participe à un écosystème et à ce titre il a droit d’exister en paix. Même si l’on prive les chasseurs d’un abominable amusement, mobilisons-nous pour le blaireau, afin qu’il passe d’espèce GIBIER à espèce PROTEGEE.
Sources : Plaquette France Nature Environnement : Le blaireau et l’homme, pour une cohabitation pacifique – Photos : Richard Blackbourn.